FORTE FANFULLA

Fanfulla_ambiance - ph. Roberto Timperi
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flyer du groupe Aktion
The Last Wanks
Capputtini i lignu
Hiss
Le Truc Und die Machine
Lady Maru & Cascao
Moster Dead
Maria Violenza
Trans Upper Egypt
Holiday INN
 
Ma première fois au Fanfulla 101 date d'une dizaine d'année, c'était le début de l'été à Rome, avec la chaleur qui commence à monter et le noir de la nuit qui fond partout pour rejoindre le béton. Une copine et moi sommes rentrées dans cette espèce de bicoque située à la fin de la rue, à coté d'un pin. Un club, un petit abri qui avait l'air d'être dessiné par un enfant ; deux lignes en vertical et une pyramide en haut pour représenter idéalement l'idée d'une maison.  A l’intérieur du Fanfulla 101 il y avait un bar, une petite scène et les toilettes.  Mais ce soir là il n'y avait pas de scène ouverte, à la place des micros et des amplis il y avait deux piscines gonflables, tout le monde était en maillot de bain ou presque et la sélection musicale accompagnait les plongées du public en pleine extase pour avoir finalement réussi à réaliser le rêve de tous les rockeurs : ressembler alcool, piscine et musique. En plein milieu de la nuit, pendant une bataille sans arrêt au baby-foot on entend un coup sec. Quelqu'un était tombé, avait cogné sa tête et défoncé complètement la piscine, qui avait commencé à déverser l'eau, sans pitié, sur le reste du monde. Vu le risque d'un court-circuit et d'autres dangers prévisibles, peu à peu tout le monde a pris la décision de sortir du club et la rue s'est vite remplie de gens complètement mouillés et excités.
 
Loin des atmosphères caricaturales, dramatiques des célébrités consumées du Studio 54, le Fanfulla101 a signé l'époque des 'night clubs' autrement. Ce club ouvert dans le quartier du Pigneto, où Pasolini allait souvent pour tourner et jouer avec les enfants, et où Rossellini a tourné des scènes de Roma Citta Aperta', était le quartier des voleurs, des prostitué(e)s, des prolétaires. Un quartier populaire pas trop loin de la gare Termini, situé entre l’aqueduc et le chemin de fer, un quartier village, avec une histoire, un savoir faire, qui garde encore les signes des petites maisons construites, par les vagabonds, sous les arches de l'aqueduc romain. Depuis l'ouverture du Fanfulla101( il y a +/- 10ans), pas mal de choses ont changé dans le quartier, ouvert 365 jours par ans, ou presque, ce club a permis à une partie de la population romaine de se retrouver dans un lieu qui voulait investir et montrer sans prétention la scène indépendante, qui avait envie de devenir la maison de tout le monde (beaucoup d'initiatives entre autres le Noël de sans famille,...), c'était à la fois le lieu où prendre un dernier verre avant d'aller se coucher ou bien l'espace où expérimenter la sérendipité, grâce à la programmation, toujours très variée qui regroupait sans arrêt  musiciens, performeurs, comédiens, mais aussi curieux, et bons vivants.
 
Entrée et concerts gratuits, prix des boissons très avantageux et une passion pour l'art et l’expérimentation, le résultat de ces éléments et ambiance adrénalique font penser aux tentatives que Genesis P. Orridge avait commencée au début des années 80' avec l’expérience du réseau T.O.P.Y. (Thee Temple Of Psychick Youth, le temple de la jeunesse psychique). Le réseau T.O.P.Y. avait plusieurs maisons à Brighton et a cherché à faire évoluer l'idée d'amour avec des façons de vies alternatives en utilisant des pratiques magiques et créatives. Les seules règles à l’intérieur de cette cohabitation étaient : pas de jalousie, pas d’idées sexuelles préconçues, pas de commérages, ni de récriminations. Le but étant celui de réaliser les rêves des autres. Chaque habitant pouvait révéler ses fantaisies, ses secrets les plus intimes et les autres colocataires devaient collaborer pour les réaliser. 
C'est bien ce qui s'est passé à l’intérieur du Fanfulla aussi. Le Fanfulla a centralisé un appel, une formation désirante de musiciens, de passionnés de la musique ou des amateurs, peu importe, cette expérience est l’évidence d'une progression, d'une évolution en cours, où les artistes et les gens sont les vrais médiateurs et investisseurs culturels. Pas l’État, ni les centres culturels. Cette réalité composée de musiciens désirants s'est consacrée en suite avec l’appellation de 'Borgata Boredom' (nom né depuis un article du critique musical Valerio Mattioli) et vite représentée avec la sortie d'une compilation, au titre homonyme, qui vise à montrer qu'un nouveau magma est surgi de cette partie négligée de la ville. Borgata Boredom est l'expression de ces années d’expérimentation, de réfuge dans des caves, dans la sueur d'une salle de répétition au nom de la musique, vers une ouverture dans les rues bruyantes et dans toute la complexité chaotique, ex catholique, multiethnique d'un quartier qui se rebelle de sa condition discrépante et s'offre à la ville comme nouvelle planète flamboyante vouée à une vitalité intergalactique.
 
Depuis quelques années le Fanfulla101 a déménagé, il se trouve toujours au Pigneto à coté de l'ancien endroit, dans un lieu plus grand avec un jardin et une vraie salle pour les concerts, il a quitté le 101 qui était lié au nom de la rue qui l’hébergeait (Via Fanfulla da Lodi 101) pour gagner le nom de - Forte - Fanfulla.
Un changement architectural qui d'un coté a favorisé la connexion et l'implication du lieu avec d'autres réseaux, et dans l'autre a affaibli les poches de ses gérants. Cette mine d'or pour la scène de la musique indépendante est maintenant en péril pour des raisons économiques. La grande bellezza de Rome se cache dans des lieux à la fois improbables qui adoptent des fonctionnements de vie mystérieux, festifs et sensibles. Même si les questions économiques restent toujours le problème à résoudre le Fanfulla laisse son empreinte de dinosaure dans le territoire et dans la mémoire des tous ses participants. Tout le monde peut affirmer d'avoir un lieu où il est possible de jouer, expérimenter et rencontrer des gens prêts à te révéler leurs propres désir.
 
Voici mon interview de l'un des gérants et fondateur du lieu, un français qui a déménagé depuis dix ans à Rome : Manu.
 

 

Hola Manu peux-tu me raconter ton voyage, ton arrivée à Rome?

Le voyage à Rome est né d’une circonstance particulière liée à mon travail et mon logement à Paris. Nous vivions dans un espace à Ménilmontant, rue de l’Ermitage, qui était un dépôt de livres d’occasion et de disques vinyles  ; c’était à la fois notre travail et notre maison. Pendant quelques années, cet espace a été un lieu assez fort de rencontres  : nous passions les journées à écouter des milliers de disques en stock, boire des cafés et pas mal des clients restaient manger le soir avec nous.

Le quartier était voué à ce que la mairie appelle une requalification et nous avons dû quitter le lieu qui a été par la suite détruit pour construire des logements sociaux…

Un ami libraire me propose rapidement de penser à le rejoindre à Rome, c’était en 2004 ; il venait d’ouvrir une petite librairie de langue francophone (du nom de Cythère-critique) exclusivement sur le XXème siècle et avait besoin d’un coup de main. L’aventure a duré deux ans, entre livres d’art, situationnisme et polars de gauche et nous sommes entrés en conflit très rapidement avec l’ambassade de France et la Villa Medicis, tout en nous amusant pas mal ; Rome était nouvelle pour nous et très belle!

Pourquoi as-tu décidé de rester dans cette ville?

J’ai passé toutes les journées de ces deux premières années dans le centre de Rome, autour de la librairie, et les nuits à chercher d’autres situations, bars, concerts, fêtes  ; j’avais eu la chance de pouvoir descendre la vielle vespa que j’avais à Paris et je passais mes soirées à faire des sauts de puce d’un lieu à un autre, entre bar, salle concert et squat. Au bout de deux ans, les personnes rencontrées, les amitiés et un amour n’avaient pas épuisé ma curiosité (bien au contraire) malgré la fermeture de la librairie et le retour de mon associé à Paris.

Autour de quoi et de qui est née l’expérience du Fanfulla101?

C’est assez simple. Nous vivions tous à l’époque dans un quartier de Rome qui s’appelle le Pigneto, classique quartier populaire dans l’est des grandes villes. En revanche les lieux que nous fréquentions étaient en-dehors de ce quartier (Testaccio ou San Lorenzo)  ; je me souviens que le seul bar associatif du Pigneto fermait à 23.00. Et puis plus rien.

Dans le même temps, l’Italie avait voté (bien avant la France) cette fantastique loi qui interdit de fumer dans les lieux publics. Les fêtes dans nos maisons (vielles et mal isolées) étaient mal vues par les voisins jaloux, de ce qu’ils appellent encore leur territoire… Et nous nous sommes retrouvés à devoir fréquenter des lieux devenus bien plus tristes, entre le verre de vin laissé au bar et la cigarette fumée trop rapidement sur le pas de la porte. Il y avait pas mal de lieux vides dans notre quartier, en particulier un petit hangar à deux rues de chez moi ; nous passions souvent devant, parfois nous regardions dans le trou de la serrure : c’était un ancien garage, et bien avant cela, un terrain de boules (en italien un bocciodromo). Un jour nous trouvons sur la porte une petite annonce «  A louer  » avec un numéro de téléphone ; nous étions cinq et après un rapide calcul nous décidons de le louer : ce pouvait être un endroit parfait pour mettre de la musique et fumer des cigarettes tranquillement. Les premiers temps sont hallucinants et excitants : qu’est-ce qu’on va bien en faire? qui viendra? les amis, déjà, c’est pas mal.. les premières soirées avec la chaine Hi-Fi en guise de sono, un bar récupéré sur ebay, deux canapés et quelques lampadaires récupérés au marché aux puces.

Et puis, après les amis, les amis des amis, quelques curieux et rapidement la nécessité de rendre tout ça un peu plus formel, et surtout légal… !

 

Vous avez ouvert le Fanfulla 101 sous la forme d'un club 'Arci', peux tu nous expliquer ce que c'est  ?

L’Arci est une organisation de gauche et une réalité associative en Italie qui a fêté ses 50 ans il y a quelques années. Sous forme d’affiliation, il est possible prendre part au projet culturel et social que propose l’Arci ; c’est un réseau social assez fort qui nous a permis d’élaborer et de construire une réalité come le Fanfulla 101 et de maintenir ce qui a été par la suite la politique culturelle du Fanfulla. Pas d’aide financière, mais des facilitées et assistances dans les démarches administratives et les diverses autorisations. Ce serait l’équivalent d’un club privé, avec une carte de membre, mais au niveau national : la carte de l’Arci donne l’accès à toutes les réalités affiliées sur le territoire italien.

… à l'époque ouvrir un club Arci à  Rome et dans le quartier du Pigneto ça devait être perçu comme une nouveauté … n'est-ce pas  ?

L’Arci est en effet très diffus dans le centre et nord de l’Italie ; à l’époque (il y a 8 ans maintenant) sans être totalement une nouveauté, il y avait très peu d’associations sur le territoire et dans la région de Rome. Pour beaucoup d’habitants du quartier, nous avions ouvert un bar clandestin dans un garage et les mouvements nocturnes autour de ce lieu ne plaisaient pas vraiment aux résidents. Cependant, sans être considérés comme résidents, nous nous sommes rendus compte, assez rapidement, qu’une grande partie de la population de ce quartier était composée de personnes comme nous, attirées par des loyers, à l’époque économiques ou simplement abordables, population qui a constitué le premier flux de fréquentation du Fanfulla.

 

Le Fanfulla est vite fait devenu le lieu, le 'club' où se rencontrer, draguer, écouter de la musique live. Tous les soirs il y avait des événements artistiques et un style ouvert à l’expérimentation. Comment gériez-vous la programmation  ?

Disons que c’était notre seconde maison, et c’est devenu très rapidement la seconde maison de beaucoup de gens. Les boissons étaient très économiques, les concerts gratuits, les nuits assez longues...! Il n’y avait pas de réel projet, pas de réel «  target  », pas de business plan, pas encore de programme et encore moins de programmation. Le lieu s’est donc construit avec la participation de qui le fréquentait, de qui est entré un soir et en est ressorti 6 ans après. Tout le monde avait un groupe, ou connaissait un groupe qui voulait jouer ; les personnes se proposaient pour passer des disques, organiser des soirées de théâtre, de cinéma. Tel ou tel groupe français, américain, allemand, polonais de passage à Rome ou en day-off, et pourquoi ne pas les faire jouer…!? 

Peux-tu expliquer toute la vitalité engagée dans le lieu? D'ailleurs le Fanfulla a vu la création de plusieurs groupes de musique, de performeurs ... 

Je pense que cette vitalité était due à la curiosité du lieu ; c’était un lieu vierge, fait de personnes très différentes et à Rome les lieux existants étaient assez «  sectaires  » dans le sens où tu avais le bar des rockers, celui des mods, les soirées electro, la salle de concert expé et chaque lieu était le point de rencontre de groupe, de personnes qui partageaient les mêmes affinités. Cela n’a pas été le cas au Fanfulla ; les propositions étaient parfois aux antipodes, et par chance avec toujours le même état d’esprit. Arrivé depuis peu à Rome (2/3 ans) et souffrant pas mal de devoir changer de lieu et amitié pour chaque genre musical, cela a été aussi pour moi une petite révolution dans mes habitudes et la manière d’appréhender les personnes, les groupes, les soirées en général.

Quelque chose d’assez inédit s’est donc créé ; un mix incroyable de propositions, d’échanges et de productions surtout : fanzine, video, nouveaux groupes de musique et une nouvelle salle de concert pour un réseau local en pleine expansion, en pleine création (beaucoup de groupes ou de projets ont fait leur premier concert au Fanfulla) mais aussi au niveau international ; je pense particulièrement aux soirées du lundi soir qui est en général un day-off pour tous les groupes en tournée : la soirée s’appelait Monday Is Boring et l’engouement était tel (soit de la part du public que de la part des groupes en tournée) que cette soirée est devenu un rendez-vous fantastique et une possibilité de création et de collaboration jusque là inédite.

C’était des projets ahurissants, comme la fanzine Epoc Ero Uroi, des soirées video et performatives comme videopropaganda666 (https://www.youtube.com/user/videopropaganda666), soirées noise du nom de Spasticalia, festivals borderline comme il BABA Fest (http://babafestival.blogspot.it/), artistes de Portland, Austin, New-York, du Nebraska, groupes européens peu connus ou de réseaux parallèles et expérimentaux que les «  vraies  » salles de concerts ne voulaient pas programmer parce que public trop restreint, ect, ect.. un énorme bulle d’air au milieu d’une salle enfumée, en somme.

Il y eu aussi la participation de certains labels basés à Rome, je pense par exemple à No=Fi Recordings (http://nofirecordings.blogspot.it/), et puis la naissance d’autres labels, directement liés aux situations vécues au sein du Fanfulla : la Geograph Records (http://geographissues.blogspot.it/) et MyOwnPrivateRecords (http://myownprivaterecords.bandcamp.com/) qui ont produit et publié une grande partie de l’activité de ce lieu.

Je pense que, à ce jour, une des productions les plus intéressantes reste la compilation Borgata Boredom (http://borgataboredom.blogspot.it/), vrai manifeste de ces années passées entre le Fanfulla et le Verme, un autre club arci situé au Pigneto.

… l'ambiance du début fait penser à l’expérience romaine des années 60 avec les 'Cantine'  ; ces caves où chaque soir on pouvait voir des spectacles, des performances, des lieux avec un esprit libre  : pas de censure, complètement voués à l’expérimentation, pour l'échec, et à la recherche d'une interaction avec le public.  Quelles sont les expériences qui t'ont marqué le plus  ?

Un des premiers concerts qui a constitué un événement et une belle claque pour chacun de nous a été la venue des Peeesseye en novembre 2007, groupe d’improvisation de base à New-York. Je crois me souvenir qu’ils avaient accepté de jouer pour 100/150 euro, et c’était à l’époque un super budget pour nous, vu que tous les concerts étaient et sont restés gratuits... Aujourd’hui ça semble ridicule, mais nous sommes nés comme ça : 2 enceintes, 2 micros, pas de retour, pas beaucoup de budget.. tu veux jouer quand même? Tu verras y’aura plein de gens et on passera une bonne soirée...! Et si tu veux rester un jour de plus pour visiter Rome, tu peux dormir chez nous. Et on a organisé comme ça 5/6 concerts par semaine pendant des années. Un des derniers exemples en dates : Il y a quelques années le chanteur de Savage Republic était venu boire des coups dans notre bar après un méga-concert dans une grosse salle. Il ne voulait plus partir et l’an dernier il nous a écrit : on est en tournée, on sait qu’il n’y a pas de budget mais on s’en fout, on veut jouer au Fanfulla! des choses comme ça, qui sont amusantes et assez caractéristiques du lieu et comment il fonctionne. Chacun aura son anecdote ; mais l’expérience la plus singulière a été de proposer et co-organiser pendants des années dans un lieu ouvert 7/7, concerts gratuits, festivals de théâtre et de cinéma, sans jamais perdre de vue que le lieu vivait grace aux gens qui le fréquentait, c’est à dire une direction artistique libre et ouverte aux propositions, collaborations, je dirai presque une interaction artistique, plus qu’une direction artistique ; un étrange lieu aussi dans lequel, j’en suis convaincu,  des personnes qui certainement n’ont jamais apprécié la programmation musicale du lieu, ont néanmoins passé toutes leurs soirées pendant des années assis à une table, à bavarder, regarder..

 

Pourquoi êtes-vous passé du Fanfulla 101 au Forte Fanfulla  ? Comment le Fanfulla a interagit avec son quartier le Pigneto ?

Alors évidemment, tout n’est pas tout beau, tout joli... Un quartier populaire, reste au fond un quartier avec des problématiques internes assez fortes, et parfois violentes, surtout lorsqu’il est en pleine transformation. Il y a en Italie un sentiment d’appartenance par rapport au territoire encore très ancré dans les mentalités. Ce n’est écrit nulle part, mais certaines personnes pensent encore que qui est né dans un quartier a le droit de faire ce que bon lui semble et les derniers arrivés doivent se plier à ses exigences de vie... Il a donc fallu combattre et ce n’était pas toujours très évident contre des accusations du type – vous vous enrichissez sur notre territoire -  nous on est né ici, on veut pas de vous – ect, ect.. Qu’il soit clair que les mêmes personnes qui se plaignaient du bruit, de la foule, d’une certaine transformation de «  leur  » quartier ont profité pleinement de notre présence en augmentant les loyers de leurs appartements et le quartier a vécu un moment de grande spéculation ces dernières années. Après une bataille assez complexe soit au niveau politique que légal, nous avons dû quitter le lieu et déménager à quelques centaines de mètres plus bas, malgré l’évidente démonstration d’un rôle social et culturel indispensable pour le Pigneto. Nous avons donc loué, un autre espace, légèrement plus excentré, beaucoup plus grand avec un fort potentiel pour de nouvelles activités diurnes qui a été très actif jusqu’aujourd’hui, appelé le Forte Fanfulla.

 

Plusieurs projets sont nés au sein de ce nouveau lieu comme  : Alpacha, le Gas Fanfulla, des partenariats toujours attentifs à l'art avec une forte connotation politique. Quels étaient vos bouts? Vous apparteniez à un réseau  ?

Nous avons simplement cherché à étendre le plus possible les activités du lieu. Le Forte Fanfulla est un espace qui pouvait avoir un rôle social important et regrouper des réalités qui opéraient le jour. Une sorte d’espace multi-quelquechose (je ne veux pas dire fonctionnel!). Des fanzines, des journaux de diffusion culturelle, des productions de documentaires (Zalab : http://www.zalab.org/) avaient leurs bureaux au sein du Forte Fanfulla. Il y avait aussi une salle de montage video et une salle de répèt. Des espaces de co-working, une cour, une cuisine et donc un bistrot ouvert midi et soir, et évidemment une salle de concert. Le Gas Fanfulla est tout simplement un réseau qui te permet d’acheter, comme une petite collectivité, des produits bio de producteurs indépendants. L’Alpacha Distro (http://alpachadistro.blogspot.it/) était un espace de distribution de productions indépendantes, sérigraphies, fanzines, livres illustrés, cassettes, disques... Ce lieu était donc un ensemble de petits foyers très actifs et pas forcément liés les uns aux autres. Une réalité qui regardait à peu près 18.000 personnes chaque année, 18.000 inscrits et possesseurs de la carte Arci-Fanfulla, 18.000 personnes qui fréquentent un même lieu, dans un quartier constitué d’une rue principale (via del Pigneto), c’est du social et aussi du politique.

 

Qu'est ce que #FattiForteFanfulla?

Les coûts du nouveau lieu étaient très lourds (presque 10 fois plus par rapport au Fanfulla 101) ; un loyer exorbitant, pas d’aide financière. Au bout de 4 ans, certainement très têtus et trop fidèles à la politique de gratuité des services, nous sommes arrivés à une situation totalement asphyxiante. Aujourd’hui nous risquons de perdre une des réalités associatives les plus importantes dans le quartier, mais aussi à Rome. La campagne #FattiForteFanfulla  a été une manifestation de soutien et de sensibilisation au projet «  Fanfulla  ». Dans les faits, une semaine entière de concerts et performances (en moyenne, une dizaine d’évènements par jour) ; tout le monde est venu jouer gratuitement, dans la cour, puis dans la salle de concert ; Beaucoup de participations spontanées. Les espaces étaient pleins à craquer, la rue aussi parfois. Cela a constitué aussi un moment important de sensibilisation : il est en effet parfois difficile d’expliquer qu’un lieu qui semble «  bien fonctionner  » parce qu’il jouit d’une certaine notoriété, doive fermer ses portes pour des raisons économiques. Il y a eu évidemment une assez bonne mobilisation au niveau politique et nous espérons pouvoir trouver un autre lieu rapidement. On croise les doigts et on se bouge beaucoup pour ça ; une fois de plus tout reste à faire!

 

Pendant ces années peux tu me dire les noms de groupes qui se sont connus, grace, dedans, à cause du Fanfulla?

il y a pas mal de groupes qui se sont créés de rencontres faites au Fanfulla; je pense à:

The Last Wanks

https://myspace.com/lastwanks

Capputtini i Lignu

https://myspace.com/capputttiniilignu

Hiss

http://hissband.bandcamp.com/

Trans Upper Egypt

http://transupperegypt1.bandcamp.com/

Duodenum

Moster Dead

http://moster-dead.bandcamp.com/

Le Truc und die Maschine

http://myownprivaterecords.bandcamp.com/album/le-truc-und-die-maschine

NicE

Holiday Inn

https://myownprivaterecords.bandcamp.com/album/holiday-inn

Cascao & Lady Maru

https://soundcloud.com/lady-maru-cacao

Maria Violenza

http://mariaviolenza.blogspot.it/

Aktion

http://www.haterecords.com/html/hateRecords.html

je pense aussi à Badaboum (avec Armelle de The Dreams), qui s'est consolidé après une semaine de résidence au Forte Fanfulla. J'en oublie certainement..

A part être l'un des gérants du Forte Fanfulla tu joues dans plusieurs groupes  : Bobsleigh Baby, Trans Upper Egypt et Hiss. Qu'est ce qui t’intéresse dans l'art et spécialement dans la musique?

Ben.. ça joue, quoi! comme on dirait dans l’est de la France. Une mise en jeu ; organiser, faire le son, répéter, enregistrer un disque ou une cassette, faire un concert, partir en tournée. Une mise en jeu tous les jours ; ce n’est pas vraiment un intérêt (ou disons que ce n’est pas vraiment dans mon intérêt!), mais c’est peut-être une des choses les plus importantes, avec la générosité.

La générosité est punk.

 

Infos : http://www.fanfulla.org/

Photo Fanfulla : Roberto Timperi   http://nnabe.tumblr.com/ 

instagram :  http://ink361.com/app/users/ig-908554388/timperi55/photos

les photos de Hiss et Le Truc und die Maschine sont de http://www.alexeipopov.com/

les autres photos : source internet

 

Chantal Malambri

 

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