La GENERALE

La Générale - façade
La Générale - rez-de-chaussée
La Générale - hauteur
La Générale -
La Générale - accueil
La Générale - laboratoire
La Générale - télé Sonic Protest
La Générale - Sonic Protest avec Mehdi Belhaj Kacem
La Générale - Sonic Protest avec Mehdi Belhaj Kacem
La Générale - Sonic Protest
La Générale - to hear is to feel
 
Avec sa façade consumée, hors du temps, la Générale a trouvé dans l'11ème arrondissement une nouvelle vie.
Laboratoire, atelier, abri, ouvert aux artistes et souvent aussi au public, est l'endroit parfait pour la serendipité.
Si par hasard vous trouvez la porte ouverte ça veut dire que quelque chose est en train de se passer. Entrez sans hésiter!
Concerts, théâtre, cinéma, performance tout se mélange dans ce grand rez-de-chaussée, qui arrive toujours à trouver des nouvelles formes, pratiques et visionnaires, pour permettre aux artistes et aux rêveurs de changer de peau, d'expérimenter, de mettre en place des hypothèses temporaires.
Voici mon interview avec Emanuel l'un des gérants du lieu, de cette coopérative artistique politique et sociale.
 
 

J'ai connu la Générale dans sa première occupation à Belleville, qu'est ce qui a changé depuis?

La générale est née à Belleville il y a presque dix ans, dans un bâtiment appartenant au Ministère de l’éducation nationale. Il y avait environ 6000m2 utilisables, de très nombreux artistes de tous les domaines ont pris possession de ce bâtiment. En deux ans c'est devenu un lieu incroyable de créativité artistique avec environ une centaine de membres qui avaient une activité régulière. Il y avait aussi les sans-papiers du quartier, il y avait des interactions et des activités associatives, il y avait de l'artistique, du culturel et du social, au sens le plus large. Moi, je suis arrivé là-bas avec ceux qui faisaient du logiciel libre, de la technologie libre pour les artistes. Au bout de deux ans on a dû rendre le bâtiment qui est maintenant un hôpital psychiatrique, une destination qui est tout à fait légitime et utile pour le quartier, mais le travail artistique qui avait lieu là-bas était suffisamment bon pour que premièrement les personnalités importantes au nom de la culture soutiennent le projet pour qu'il puisse continuer à vivre ailleurs ; et deuxièmement les pouvoirs publics ont proposé aux plasticiens, ceux qui étaient impliqués dans le domaine de l'art visuel, d'aller s'installer à Sèvres dans une ancienne école de céramique, à l'autre bout de la ligne 9, ça existe encore, il y a une autre Générale, il y a des ateliers, des exposition, une activité autour des arts visuels... Les autres membres du collectif étaient centrés sur le cinéma, sur le théâtre, sur des activités associatives qui avaient moins besoin d'un atelier fixe mais plus d'un lieu modulable comme un grand studio.

 

Comment est structurée la Générale?

Maintenant nous sommes dans Paris intra muros, dans un bâtiment industriel qui date du début du 20ème siècle, qui a été utilisé avant pour la distribution de l’électricité. Nous sommes locataire du rez-de-chaussée, la Mairie nous aide avec un loyer modéré. Après il y a quelque projet soutenu par la région Ile de France, ensuite on se finance très peu parce que on a une très économie minimaliste. Il y a beaucoup de travail bénévole, d'ailleurs j'en profite pour dire que l'accueil de gens qui viennent chez nous est gratuit, on ne demande pas de contributions financières aux personnes qui viennent développer leurs projets chez nous. De temps en temps en accord avec la Mairie de Paris on peut facturer la location du lieu pour un tournage de films publicitaires par exemple qui permet d'alimenter un petit peu les caisses de l'association.

Tout le reste des activités est entièrement gratuit aussi bien pour le public que pour les artistes qui sont accueillis. On fonctionne sur un mode des résidences qui se succèdent, il n'y a pas de programmation fixe, sauf peut-être un séminaire de philosophie ou des petits ciné-club mais essentiellement on n'a pas d'activités fixes ; ce sont plutôt des projets qui se succèdent de durée variable ou des résidences courtes, entre une journée et un mois. Ce sont des projets de nature très variée, ça peut être du théâtre du cinéma, mais aussi d'autres activités plus intermédiaires, plus hybrides comme l'art numérique, mais aussi du public, du culturel au sens large, comme des ateliers d'initiations à l'informatique, des cours de langue, ou des jeux de mots pour les sans papiers du quartiers qui se réunissent pour discuter de questions légales.

 

Dans le même lieu il y a plusieurs choses qui se passent...

Le lieu n'est pas destiné essentiellement à accueillir du public, mais principalement à développer des projets, des projets de nature associative, et dans le domaine artistique. Ce n'est pas purement un lieu de diffusion, mais un endroit où les gens travaillent et ensuite montrent leur travail. L'ouverture au public se fait quand les artistes sont prêts à montrer leur travail. C'est important d'expliquer ça parce que les gens se demandent ce qui se passe quand les portes sont fermées, la plupart du temps, mais tout le temps il y a des gens qui travaille dedans. Le 20 du mois on montre ce qu'il y a à l’intérieur, on conçoit un événement spécial destiné à montrer aux gens comment avance le travail, des choses qui ne sont pas terminées, des formes de lecture de pièces, des films en cours de montage etc ; on offre un petit coup à boire, des produits de qualité. Parce que on considère que la nourriture, la gastronomie font aussi partie de la culture et de l'art, c'est quelque chose que vous développez chez nous d'une façon un peu originale. Il s'agit avant tout d'un projet, d'un fonctionnement, d'une programmation, d'un accueil du public très différent de la manière institutionnelle, c'est un lieu intermédiaire ; ça n'a pas la rigidité d'une salle de spectacle, il y a beaucoup de souplesse, ça autorise des choses. C'est un lieu qu'on appelle laboratoire, parce que c'est un lieu où on fait des expériences, une expérience ça peut rater, une vraie ça doit rater même ! Donc l’échec est autorisé chez nous. Les gens alors viennent travailler chez nous, parfois ça marche, parfois non. Cette liberté là manque vraiment à Paris, c'est très précieux d'avoir ce luxe là, de tenter des choses et de les rater aussi...

 

Vous êtes une anomalie par rapport aux galeries, aux autres salles de spectacle et aux autres lieux destinés au domaine artistique. Vous bougez entre coopération, expérimentation, travail dans le sens artisanal du terme...

En fait, on a rien contre l'art officiel, on essaie de faire cohabiter différents artistes chez nous. On n'a pas les critères des lieux réputés artistiques, ça nous arrive aussi d'accueillir des artistes connus mais aussi des artistes qui viennent de loin, c'est un mélange improbable de différentes pratiques artistiques. C'est ça l'avantage de ne pas avoir de direction artistique : le résultat c'est la diversité, c'est cette cohabitation assez étonnante entre des gens, qui viennent du street art, autres qui font de la musique, on a aussi des philosophes qui viennent chez nous, des photographes, on a des pratiques et des points de vue différents. Notre prochain essai dans ce genre c'est le ciné club. Cette fois on expérimente, on va laisser la programmation entre les mains du public, sans avoir de direction artistique sur la programmation en sachant que nous on apporte tout un travail autour de l'accueil, discussion, réflexion sur les films ça ne veut pas dire qu'on ne s’intéresse pas à ce qui se passe, mais c'est le processus même de définition - de ce qu'on va voir - avec les habitants du quartier, qui est intéressant. Donc là on est en train d'imaginer des règles de programmation collective, ça va être assez intéressant, je crois.

 

Comment choisissez vous les artistes qui viennent en résidence? 

Bien sûr il y a du hasard... mais aussi c'est une grande fierté d'observer qu'il y a beaucoup de projets qui arrivent comme ça, par des gens qu'on ne connaît pas. Il y a assez peu de copinage, même si ça c'est inévitable, mais globalement il y a une vraie ouverture à des choses inconnues. Normalement ça arrive par hasard, par des gens qui frappent à la porte et ensuite il nous envoie un mail, pour l'instant il y a beaucoup des projets qui arrivent, 5-6 par jours, mais ça se fait un peu par hasard, avec des rencontres, des discussions. Les gens qui arrivent avec un grand dossier à la main ça nous intéresse pas trop on préfère ceux qui regardent le lieu et qui font une proposition, qui s’intéressent au côté laboratoire ou expérience du lieu. Il faut avoir une envie, c'est ça qui nous motive le plus.

 

Avez-vous des connections avec d'autres lieux dans la ville?

On a des connections informelles dans la ville de Paris. On a fait récemment des projets avec les écoles du quartier, sinon on collabore avec d'autres ateliers en France et dans d'autres pays. Faire des échanges internationaux c'est toujours difficile pour des raisons d'argent, parce que pour faire venir des artistes étrangers il faut trouver un financements par ailleurs, mais ça se fait ! On va inviter des artistes argentins à la rentrée.

 

Dans votre site internet, vous montrez un projet d'expérimentation sur le toit : un jardin suspendu. Est t'il déjà commencé?

AH, c'est une question très intéressante, pour l'instant c'est en ''standby'' pour des raisons de sécurité. Il y a des services à la Mairie de Paris qui l'ont aimé et qui l'ont soutenu et d'autres partenaires de la Mairie de Paris qui pensent que l’accès n'est pas assez sécurisé sur le toit, donc pour l'instant on ne peut pas intervenir là dessus ; c'est une question d'escalier, il faut une escalier aux normes. C'est aussi très intéressant de négocier avec les partenaires publics et de voir..., la Mairie de Paris c'est une grosse machine, pour l'instant on est au milieu de ces négociations c'est très compliqué, il n'y a rien qui pousse sur le toit en ce moment. Je comprends que la Mairie puisse vouloir des garanties de sécurité mais par contre notre projet ce n'est pas une rêverie des squatteurs, il y a trois architectes professionnels qui ont construit quelque chose de sérieux et ils ont aussi des propositions pour mettre aux normes l'escalier, même si c'est un projet fait par des bénévoles, qui sont des gens qui s'investissent en tant que professionnels. 

 

 

http://www.lagenerale.fr/

 

interview: Chantal Malambri

photos: La Générale

 

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