Tony Cheung

Tony Cheung - We are so happy
Harmony - Tony Cheung
Save Taiwan Save Mainland - Tony Cheung
sending mail to taiwanese children - Tony Cheung
Shush! Tony Cheung
Crack - Tony Cheung
Crack 2 - Tony Cheung
Empire of sensitivity - Tony Cheung
Revolution is guiltless 2 - Tony Cheung
Fantastic Four - Tony Cheung
Water! Water! Tony Cheung
We are so happy - Tony Cheung
We love peace so much - Tony Cheung
 
Je veux transpercer le public, je veux lui provoquer un bouleversement.
 
TONY CHEUNG 
 
Le Moine Ascétique
 
 
J'ai pu enregister cette interview pendant l'été 2013.
Après avoir participé au Festival Crack! Fumetti Dirompenti à Rome, Tony avec son sac plein des cartes postales, illustrations et affiches a passé quelque jour à Paris. Entre Belleville, le Louvre et des concerts gratos en plein air, voici ce que nous avons echangé.
 
 
Bonjour Tony. C'est ta première visite en Europe, où tu viens de réaliser ta première exposition au Crack Festival à Rome. Comment te sens-tu? Tout c'est-il bien passé ?
 
T. J'ai l'impression d'ouvrir les yeux pour la première fois. Tu sais, en Chine nous avons quelques informations sur les illustrations et les bandes dessinées indépendantes, mais cette fois j'ai vraiment fait une expérience. Tous ces dessinateurs géniaux avec leur œuvres ont impressionné fortement mes rétines. C'était quelque chose de vraiment extraordinaire pour moi.
 
Qu'est ce qui t'a intéressé le plus? L'interaction avec le public, la réaction engendrée par tes œuvres ou la relation avec les autres artistes ?
 
T. Je crois ces deux dernières. La réaction du public puisque ils ont vraiment aimé ! C'était quelque chose de singulier pour moi. Parce que je n'ai pas ce même genre d’appréciation en Chine ou à Canton.
Je n'ai pas la possibilité de m'exprimer dans un lieu aussi grand, et la surface pour exposer change la perception de mon travail, les dessins à coller au mur, la façon dans laquelle j'ai exposé était vraiment bien.
 
Est-ce que il y a en Chine des lieux qui exposent la  bande dessinée indépendante ?
 
T. Pour l'instant la bande dessinée indépendante n'est pas trop commune ni assez puissante, il n'existe pas des scènes underground comme en Europe. Beaucoup de gens aiment la bande dessinée mainstream et les mangas japonais, qui sont considérés comme une forme de diversion.
La bande dessinée indépendante est faite d'images vraiment puissantes, a un potentiel énorme et des belles histoires mais les gens n'ont pas l'habitude de cette forme d'expression.
 
Quel genre d’éducation as tu reçue?
 
T. J'ai étudié à l'université de Guangzhou, c'est un établissement très influent, spécialisé en art, design et histoire de l'art, c'est le plus grand de la Chine du Sud. 
 
Et de la part de ta famille ?
 
T. J'ai reçu une éducation un peu 'old school'. Ma famille m'a toujours dit : ''Ne fais pas quelque chose de trop déréglementé.''
C'est le règlement typique d'une famille chinoise; ils ne veulent pas que l'on fasse des activités 'extrêmes'. Mieux quelque chose de plus soft, des actions plus 'légères'. Mes parents ont des idées sur la société, sur les adolescents et la vieille génération, mais ne sont pas du genre de gens qui s'expriment sur tout les sujets. Ça m'a beaucoup influencé, mais je suis en train de changer et j'essaye de prendre le mieux de cette éducation.
 
 
Tu as fondé en 2010 ton site 'Sensitive Word'. Pourquoi ce nom ? Qu'est ce que cela signifie ?
 
T. L'histoire remonte à 2008, quand on pouvait encore visionner 'You Tube' et 'Facebook'.
En fait j'ai bien aimé 'You tube', c'est sympa, on peut y trouver de tout et pour qui fait du design interactif c'est intéressant, ça permet d'enregistrer ses propres vidéos, les faire tourner, garder nos préférences, mais peut être le gouvernement a-t-il pensé que trop des connections pouvaient influencer la masse alors soudainement internet devint un internet 'd'intérieur', non plus global ou universel.
A présent nous avons notre version chinoise de 'facebook', 'twitter' et 'you tube'.
Depuis je suis curieux et intéressé à savoir comment se développe la liberté sur internet et comment certains mots deviennent trop sensibles pour en parler. Alors on va trouver une autre mot similaire que puisse remplacer l'autre. Cette forme de transformation pour changer un mot, change le langage et ça devient intéressant. C'est pour cela  que j'ai nommé le projet 'Sensitive Word', et j'ai commencé a parler beaucoup de nos impressions sur la société et de notre propre culture.
 
Selon toi, existe-t-il un art pro-gouvernement et un art anti-gouvernement ?
 
T. Je ne suis pas totalement anti-gouvernement. Il y a un certain nombre d'artistes et d'associations qui ont été formés pour devenir le sponsor du gouvernement, ils gagnent des avantages et une sorte de salaire, mais ils ne font pas forcement de politique. Peut être font-ils de l'art traditionnel chinois, ou parlent-ils de l’harmonie présente à l’intérieur de la société...
D'autres groupes s'expriment d'une autre façon, en utilisant une pluralité des voix, ils racontent leur impressions en utilisant d'autres formes d'art, avec des chansons, des BD, ou en faisant des enquêtes dans les villages...Par exemple il y a des quêtes sur le contrôle des naissances ou sur la gestion des  élections, certains artistes vont traduire ces informations dans une forme d'art, ex. une musique, un documentaire etc...
Pour moi ce n'est pas de l'art anti-gouvernement. Nous ne faisons pas ça pour dire 'Non'. Nous le faisons pour dire que ce n'est pas bien (ou mieux ça ne va pas ?).
Je sais qu'il y a des artistes chinois à l'étranger que ont gagné une certaine réputation grâce à leur position contre le gouvernement. Leur travail peut-il être considéré d'utilité et avantageux pour les gens qui habitent en Chine ? Ça dépend. Peut être ils auront une bonne influence, mais moi j’apprécie ces artistes locaux qui font un vrai travail à l’intérieur de la société. Mais il ne faut pas prendre ça trop sérieusement.
 
 
Penses-tu que le travail artistique doit atteindre des objectifs ?
 
T. Dans mon cas l'objectif c'est gagner suffisamment d'argent pour payer mon loyer et poursuivre une vie meilleure. Tout le monde a ses buts et ses droits à une vie meilleure. L'objectif final est très obscur et difficile à définir.
 
Où pourrais-tu te situer à l’intérieur de la pression exercée par la culture 'mainstream', les apparences de la société et les pulsions capitalistes ?
Ton art est structuré par une dose de sarcasme, d'ironie, une vue politique et par des obsessions d'adolescents...
 
T. Je suis inquiet de comprendre comment mon style pourrait évoluer... parce que il faut créer quelque chose de nouveau, de vraiment original et différent des autres, il faut que je sois esthétiquement mûr et ravissant, c'est mon obsession.
 
Quel rapport as-tu avec internet et les réseaux sociaux ?
 
T. Internet est en train d'évoluer ! Sans internet nous ne sommes pas capables de voir ces magnifiques films japonais, indiens, américains et européens... c'est un moyen pour développer la pensée d'une façon plus indépendante. Nous nous alimentons de cette sources, même si parfois certaines choses sont bloquées ou censurées, nous trouvons une modalité de trouver ce qu'il nous faut.
Le Twitter chinois en est un exemple. Ils sont en train de faire un grand travail de dénonciation de la corruption. Les fonctionnaires deviennent fous avec internet! Ils essayent de censurer l'opinion publique mais la force des citoyens est plus forte que la suppression. Internet apporte une autre solution à la société. C'est un sujet intéressant pour moi, parce que, à cause du contrôle il faut trouver des façons pour s'exprimer plus subtiles. 
En tous cas j'utilise beaucoup Twitter.
 
Es-tu connecté à un réseau d'artistes ? 
 
T. Mon premier réseau est formé par les gens que j'ai rencontrés à l'Université de Guangzhou.
 
Quelle genre de bande dessinée préfères-tu ?
 
T. Je suis intéressé par la bande dessinée sans paroles.  
 
Comment la bande dessinée apparaît-elle en Chine? Est-il facile d'être publié?
 
T. Il n'est pas facile d’être publié. Parce que les éditeurs sont toujours à la recherche d'œuvres qui plaisent aux masses. Ce que les masses aiment sont toujours des histoires faciles à prévoir, pas quelque chose qui dépasse l'imagination. 
C'est bien pour cela que les mangas japonais occupent une grande partie du marché en Chine, mais aussi certaines bandes dessinées commerciales américaines sont populaires en Chine. Mais les petites maisons d'éditions se placent sur une petite échelle d'environ 1000 exemplaires, même si je ne suis pas certain de la quantité de la production de la bande dessinée ''underground''.
 
 
Pour découvrir le travail de Tony Cheung:
 
Chantal Malambri // //// /// / / /  // //
 
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