le personnage mise à nu par le spectateur, même. #1

Le personnage mise à nu par le spectateur, même.

A’ partir de ce samedi (pour six semaine) on publiera une partie du texte que Geneviève Schwoebel, auteur, metteur en scène et maître de conférences à l’Université d’Arts de Paris8, a présenté à la BNF dans le cadre de la journée d’étude ESTHETIQUE ET PERSONNAGE DE SCENE le 18 novembre dernier.

Bonne lecture.

 

Le  spectateur comme personnage ?
Dans cette intervention, j’ai l’intention de déplacer la scène du personnage en la réinterprétant du côté de la personne du spectateur

Il s’agit dans cette journée d’étude de se poser la question des rapports entre esthétique et construction du personnage. J’observe qu’aujourd’hui les nouvelles esthétiques de la scène s’inscrivent plutôt du côté de la dé-construction du personnage, au nom précisément d’une urgence à répondre  par de l’humain à ce qui est appelé dans notre monde,  la culture des apparences. « Il faut une nouvelle réponse à la réalité, au monde extérieur, à la situation actuelle » dit déjà Tadeusz Kantor en 1981, dans un entretien avec Anne Ubersfeld1 .
La question que je me pose d’abord : La notion de personnage correspond-elle encore à la réalité historique dans laquelle nous sommes ? N’y a-t-il pas un glissement du personnage vers la figure dans nos scènes et nos écrits contemporains ?
On observe également aujourd’hui un éclatement dans les nouvelles esthétiques de la scène : la scène elle-même semble avoir cessé d’être un lieu de représentation. Dès lors, les enjeux se déplacent, le rapport regardant-regardé est perturbé. Le personnage, semble-t-il, se métaphorise et devient une  figure parmi d’autres dans l’ensemble des signes de la représentation. Qu’advient-il alors du spectateur ? Comment s’effectue cette nouvelle mise en tension du rapport scène/salle ?

Je développerai en premier lieu l’idée d’une défection du personnage dans la scène contemporaine et comment cette défection entraîne nécessairement une nouvelle position du spectateur. Puis je tenterai de voir comment un processus de déplacement possible s’est  opéré entre cette disparition progressive  du personnage dans les nouvelles compositions de la scène et sa reformation ailleurs, dans une nouvelle vie, au cœur de la figure du spectateur. Enfin à partir de ma pratique scénique, je prendrai pour exemple un spectacle que j’ai  créé en 1996 à La Maison du théâtre et de la danse d’Epinay et plus tard au Centre d’Art contemporain de Kerguéhennec : Triptyques, une expérience du spectateur qui interroge la figure de l’Art.

 

 

photo: Omid Hashemi

illustration: TomiUm par Stranedizioni

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